Historique

1971

C’est en juillet 1971 que le Conseil municipal de Romorantin-Lanthenay décide de la réalisation d’une bibliothèque municipale moderne. Jacques Thyraud, maire de Romorantin de 1959 à 1985, déclarait alors : « Notre assemblée est unanime à souhaiter la diffusion la plus étendue possible de la culture dans notre ville. Il semble que la réalisation d’une bibliothèque municipale moderne ferait un excellent instrument d’éducation, de connaissance et de culture. Je vous invite donc à décider la construction d’un immeuble destiné à l’abriter. Celui-ci serait le moyen de créer une institution répondant aux critères actuels en pareille matière :

– conserver et communiquer les richesses léguées par le passé
– recueillir la production imprimée contemporaine
– orienter le public dans l’abondance de cette production, répondre à sa demande, ses besoins
– amener peu à peu à la lecture les secteurs de la population qui en ont le moins l’usage

Cette institution bénéficierait du fonds important que possède déjà notre bibliothèque municipale. (…) Elle est utilisée, je vous le rappelle, par 759 lecteurs, et on peut espérer un accroissement du nombre de ces derniers, compte tenu des décisions récemment adoptées pour la création d’une salle de lecture où de nombreuses revues et magazines pourront être notamment consultés, ainsi que des usuels. (…) Pour obtenir le concours de l’Etat, il est nécessaire que notre projet soit conforme aux normes exigées par la direction des Bibliothèques de France. Celles-ci prévoient deux programmes, l’un de 700 m2, l’autre de 1300 m2. Il me semble que c’est ce dernier programme, offrant des salles spacieuses de lecture aux nombreuses places assises et la possibilité de disposer d’un grand nombre de livres comparativement à la bibliothèque actuelle, qu’il faut retenir.» (in : La Nouvelle République du 7 juillet 1971)

1976

En septembre 1976, l’ancienne bibliothèque, créée au milieu du XIXe siècle, déménage du premier étage de l’Hôtel de Ville pour s’installer dans le bâtiment actuel, une construction « d’avant-garde » beaucoup plus spacieuse et disposant notamment d’une importante section pour les enfants. Ce nouvel établissement obtint pour son financement le concours de l’Etat et fut réalisé par M. Ferret, architecte à Bourges.

1985

Une discothèque (que l’on nomma par ailleurs phonothèque) puis une vidéothèque sont créées, ce qui rend nécessaires d’importants réaménagements à l’étage.

1993

La bibliothèque devient officiellement « médiathèque » pour mieux refléter la place donnée aux autres supports que le livre.

1998

Après deux ans de travaux préparatoires, l’informatique remplace le traditionnel prêt manuel, offrant au public une consultation plus simple et plus rapide du catalogue (progiciel AB6, société GFI). Plus de 90000 notices bibliographiques (livres, périodiques, CD, vidéos…), et les références des 6000 lecteurs actifs, furent alors entrées dans la base. LE CATALOGUE INFORMATISE EN LIGNE (CIEL) .

2006

En 2006 la médiathèque prend le nom de son fondateur Jacques Thyraud, maire de Romorantin-Lanthenay de 1959 à 1985. Jeanny Lorgeoux, maire de Romorantin-Lanthenay et conseiller général, qui fait également de la lecture publique une priorité, a ainsi voulu commémorer le souvenir de son prédécesseur disparu en 2005, donnant son nom à l’établissement. Cérémonie officielle le samedi 10 juin 2006, en présence de Mme Nicole Thyraud, qui tirait prudemment le rideau de brocart vert cachant le nom de l’édifice : « Médiathèque Jacques Thyraud », en hautes lettres dorées en vis-à-vis de l’Hôtel de Ville. On découvrait cette personnalité au fil des souvenirs dévoilés par son épouse et par M. Jeanny Lorgeoux.

Inauguration 10/06/06

Inauguration 10/06/06

Jacques Thyraud avait associé Lanthenay à Romorantin avant de se lancer dans le développement de sa ville, laquelle s’était alors sentie poussée de l’avant vers la modernité, avec la décentralisation, la fin d’une ère industrielle et le commencement d’une autre, illustrée notamment par l’extraordinaire aventure de Matra Automobile.

Jacques Thyraud était juriste de formation et avocat de métier. Il avait senti les risques de l’informatique d’alors qui entrait dans la vie de tout un chacun, et fut à l’origine de la Commission Nationale Informatique et Libertés (CNIL). Sous son mandat, on construisit le stade Jules Ladoumègue, la piscine-patinoire. A cette époque pleine de promesses avec l’élan économique des « Trente glorieuses », mais aussi faite de drames avec la fin de l’ère coloniale, il avait offert aux Français expulsés les logements des quartiers des Favignolles puis de Saint-Marc.

Nicole Thyraud ouvrait les pages de la vie de son défunt mari devant les officiels, élus d’aujourd’hui, mais aussi de l’équipe d’alors. De l’humanisme aux découvertes géographiques, Jacques Thyraud avait l’esprit ouvert sur le monde et ses exploits. Un homme d’humour, il avait emprunté le pseudonyme de Goldfinger, célébrissime héros de James Bond dont il affectionnait les aventures, pour écrire, entre autres, un livre de recommandations à l’usage des chercheurs de trésors ! En inscrivant son nom au fronton de la médiathèque, M. Jeanny Lorgeoux a rendu un très bel hommage à M. Jacques Thyraud, ce défenseur des libertés, humaniste à l’esprit curieux.
In : Site internet de la ville de Romorantin-Lanthenay

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